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Historique de Tournai

Vers - 50 Av J-C., arrivée des Romains qui feront de ce site d'une tribu gauloise une vraie ville car ils y trouvent un gué pour passer d'une rive à l'autre, un fleuve pour leur commerce et leurs déplacements, la pierre pour bâtir villas, hypocaustes, thermes, adduction d'eau, ports.

IIIe ou début IVe S., construction de la première enceinte, grossier demi cercle s'appuyant sur l'Escaut (Schelde) entre les rues du Cygne et des Carliers. La Grand-place (nécropole) n'y est pas comprise.

Fin IIIe S, St-Piat évangélise la région ; selon la légende, il est martyrisé à Tournai (ce serait au carrefour sis à ce jour près de son église) mais il peut marcher jusque Seclin (France) où ses restes sont vénérés.

Au VIe S, Eleuthère devient évêque de Tournai (le premier dont on est certain qu'il fut intronisé). La ville devient ainsi une ville épiscopale, le prélat est le chef tant religieux que civil.

Nous entrons ensuite dans ce qui est appelé « les siècles d'obscurantisme », illustrés par quelques faits spécifiques, tels la réunion du diocèse de Tournai à celui de Noyon ou le pillage des Normands (880) qui entraîne ruines et exode des Tournaisiens vers Noyon.


Au XIe S., on rebâtit la première enceinte en l'agrandissant ; la Grand Place -ex nécropole romaine- y est incluse (tour du Cygne, Fort Rouge, tour Saint-Georges en sont les témoins sauvegardés).

Du IIe au XVe S., siècles d'or, on bâtit de nombreuses églises, le commerce des textiles, de la pierre apporte la fécondité ; la tapisserie dès le XVe S. en est un fleuron. Par ailleurs, de nombreux édifices sont construits en pierre de Tournai tout au long des rives de l'Escaut (ex : abbaye St-Bavon à Gand).




En 1188, la ville est reprise sous l'obédience des rois de France (Philippe Auguste) et dotée d'une charte communale comportant de nombreuses libertés (justice, taxes) dont celle de posséder une cloche ce qui justifie la construction du beffroi achevée avant 1200 (d'où le beffroi devient le symbole des libertés communales puisque la (puis les) cloche du beffroi se substituent à celles des églises pour tous les usages civils (ouverture et fermeture des portes, marchés, début du travail, appel du peuple, du Magistrat (ou Consaulx, les gouvernants de la ville).


Vers 1100, la cathédrale actuelle est en chantier. C'est la 4e, (paléochrétienne, carolingienne et XI e S, les fouilles les ont retrouvées en partie). Nef romane consacrée en mai 1171, transept de la transition vers la fin du XIIe, le chour gothique actuel entre 1243 et 1255. Monument classé patrimoine mondial par l'Unesco en décembre 2000.
La cathédrale a subi dans son passé pas mal de désordres ; ces dernières années, le chour a été stabilisé (échafaudages), la tour Brunin qui basculait de 1mm par an et accuse un dévers de 1m à ce jour est soutenue par des centaines de piliers faits de béton insufflé à forte pression dans des trous forés à travers fondations et calcaire rocheux ( jets grundig ).


Durant le XIII e siècle, la ville connaît un grand essor démographique. Celui-ci entraîne la création de nouveaux quartiers, tant sur la rive droite que sur la rive gauche de l'Escaut. Ceux-ci sont englobés dans une nouvelle enceinte, construite à partir de 1277 (après la gallo-romaine et la 1ère communale), plus vaste et bénéficiant des nouvelles avancées en matière de défense.

Cette enceinte, longue de 5,15 km, compte 18 portes. Deux portes commandent l'accès de la ville par le fleuve dont le Pont des Trous. Elle est toujours présente par les remparts de Marvis et de St-Jean qui sont du début XIVè S. Bien que détruite au XIX e siècle, son tracé se retrouve encore dans celui des actuels boulevards, sauf côté gare où l'artère s'en éloigne pour en desservir la nouvelle gare.


Située à un carrefour stratégique Escaut, routes, enceinte, la ville passe successivement sous les puissances anglaise (1513-18 avec grosse tour de 1515) ; française (1518-21), espagnole (1521-1667), française (Louis XIV la conquiert en 1667), Autriche (1709-1792), française (1792 à 1814 avec un bref retour en 93 à la France), hollando-belge (1814-30), belge depuis 1830.
L'hôtel de ville ,ex-palais de l'abbaye St-Martin, louée par les édiles en 1804, acheté avec tout le domaine des moines en 1830 et brûlé en mai 1940, est restauré et en service en 1970.
Durant le XIXe S. la ville s'étend en ses faubourgs, constructions simples souvent en longues files (corons) et paroisses nouvelles (St Antoine, St-Lazare, Sacré-Coeur, N-D Auxiliatrice).
Guerre 14-18 pas trop de dégâts.
Guerre 40-45: incendie de tout le centre historique le 16 mai 40 et du quartier de la gare le 10 mai 44.
Les photos permettent de suivre ce résumé de l'histoire.

Source : Etienne Boussemart et www.villesfortifiees.org